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La France roule pour les véhicules décarbonés

Lundi 30 mars 2009

Ce n’est pas un simple « sarkozisme », le terme « décarboné » a le mérite d’être plus précis. On voit au moins de quoi il s’agit : la réduction des émissions de carbone ou gaz carbonique. Les véhicules décarbonés sont donc ceux dont le moteur a un taux d’émission réduite. Jusque-là, on les appelait voitures propres. Fini donc les blagues stupides des voitures propres qui ont comme secret le lavage quotidien. Heureusement que Nicolas Sarkozy est passé par là. Bref, le sujet et sérieux car il relève de l’économie, de l’écologie, voire de la politique. Le mot décarboné a eu du mal à passer mais il a fini par être adopté et vulgarisé. D’après la définition de Sarkozy, les véhicules décarbonés sont des véhicules ayant les plus faibles niveaux d’émission de CO2 possibles, qu’il s’agisse de véhicules entièrement électriques ou de véhicules hybrides rechargeables. On l’aura compris. Le président Sarkozy a annoncé le plan Véhicules décarbonés dans un contexte qui s’y prêtait, le mondial de l’automobile. De quoi s’agit-il. Pour renouveler le parc automobile français essentiellement par des voitures propres, l’Etat mobilise un fonds de 400 millions d’euros sur une période de quatre ans. A part le volet recherche et développement, le plus important est la sollicitation de la demande dans un pays accro au diesel. Luc Châtel, secrétaire d’Etat chargé de l’industrie et Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat chargée de l’écologie sont à la tête du projet. Un groupe de travail réunissant des acteurs publics et privés se concerte sur la mise en pratique de la stratégie nationale de déploiement des infrastructures de recharge pour les véhicules électriques et hybrides rechargeables. L’objectifs est donc de multiplier les stations-services pour véhicules décarbonés sur l’ensemble du territoire français. C’est un véritable défi vu que presque rien n’existe, les hybrides et les électriques représentant actuellement moins de 0,5% des immatriculations. Pour inciter l’achat, l’Etat offre une prime de 5000 euros valable jusqu’en 2012. A cette échéance, l’objectif est d’atteindre les 100 000 achats de véhicules électriques. L’Etat ainsi que des grandes entreprises ont déjà signé une lettre d’intention sur leur intérêt pour les véhicules électriques. En tout cas, l’initiative de l’Etat va bientôt lancer un secteur mineur de l’industrie automobile, en particulier en France. Elle va aboutir à la création de la demande, de l’offre et des services autour des véhicules électriques et hybrides. Le gouvernement décide donc de passer à l’action. Des bornes de recharges ou des stations d’échange de batteries seront insatllés dans tout le pays. L’Etat s’implique durant la période transitoire jusqu’en 2012 pour s’assurer de l’existence du service au public et de la possibilité d’usage. Des réglementations seront établies pour accompagner ce projet. Elles concernent notamment l’obligation d’aménagement qui pourraient concerner les colelctivités, les concessionnaires, les compagnies de distribution d’énergie, les entreprises… Une norme est aussi à définir, en accord avec un standard international. Le groupe de travail élargi rassemble tous les secteurs concernés par le projet : collectivités locales, distributeurs d’énergie, gestionnaires d’espace publics, entreprises de bâtiments, constructeurs automobiles. L’enjeu économique est immense pour l’industrie automobiles qui a subi directement les effets la crise mondiale. Un marché potentiel de 100 000 d’ici 2012 est une aubaine. Attention aux concurrents japonais qui ont déjà une technologie assez développée en la matière. Les constructeurs français pourraient bénéficier d’une aide substancielle de l’Etat et de l’Union Européenne en matère de recherche et développement, afin de pouvoir faire une offre industriuelle conséquente. En tout cas, ce plan « véhicules décarbonés » va encourager les constructeurs à prendre les voitures électriques comme un véritable segment du marché. Les berlines et les citadines existantes pourrait être déclinés en électrique ou hybride. Les consommateurs ne seront pas convaincus par les « voiturettes » électriques d’aujourd’hui. La mode des citadines et des petits monospaces de plus en plus compacts devraient faciliter la transition. Par le plan « véhicules décarbonés », l’Etat français va plus loin dans sa politique de réduction des émissions de gaz carbonique mais aussi dans la relance de l’économie et de l’industrie automobile en particulier. Le système bonus-malus encourage déjà les consommateurs à préférer les voitures à moteur thermique les moins polluants. 100 000 voitures électriques, cela ne peut que contribuer au renouvellement du parc automobile français. Cet engouement pour les véhicules décarbonés est aussi justifié par la crainte d’une nouvelle crise pétrolière. La pénurie et les hausses des prix seraient plus maitrisables en matière d’électricité que de pétrole.


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